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Esport : état des lieux et futur d’un phénomène grandissant par Bertrand Dattas

Quand on pense aux jeux vidéo, on imagine généralement un homme seul dans sa chambre qui passe la nuit sur son ordinateur mais en fait les jeux vidéo c’est aussi des compétitions et un secteur économique en pleine expansion.
C’est par exemple le cas avec le championnat du monde du jeu League of Legends, un MOBA (arène de bataille en ligne multijoueur) en Chine. C’est de l’esport, autrement dit, la pratique compétitive de jeux vidéo. Il en existe de toutes sortes : des jeux de tir (Overwatch, Counter Strike), d’arène (Leagend of Legends, Dota), de sport (FIFA, Just Dance) et de stratégie (Starcratf, Warcratf). Depuis quelques années, c’est devenu un phénomène mondial et pour cause l’esport génère plus 460 millions d’euros de revenus dans le monde et une audience de plus de 300 millions de personnes.
Dans cet article Bertrand Dattas, passionné de jeux vidéo et d’esport en général, dresse l’état des lieux et le futur de ce phénomène mondial.

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L’esport : un nouveau phénomène

L’esport est l’un des plus grands phénomènes culturels de ces dernières années : la rencontre du jeu vidéo et du sport. Ces compétitions réunissent des joueurs de jeux vidéo professionnels, payés pour s’affronter dans des arènes virtuel, le tout suivi par des millions de fans à travers le monde.
C’est avec l’arrivée du célèbre Pong en 1972 que les joueurs du monde entier découvrent la confrontation par écran interposé, l’ère des salles d’arcade vient de naître. Autour de ces bornes, les joueurs font la queue pour tenter de gagner et si les tournois s’enchaînent il nécessite encore la présence physique des participants. L’arrivée d’internet permet aux jeux vidéo d’entrer dans l’ère de la mondialisation. Le PC devient la plateforme principale du jeu en ligne et les sticks et autres manettes sont remplacés par le duo clavier/souris beaucoup plus précis et ergonomique notamment pour les jeux de tir et les jeux de stratégie où il est nécessaire d’avoir une très bonne précision et de faire de nombreuses actions à la seconde. Les gamers s’affrontent en ligne depuis les quatre coins de la planète et découvre les joies d’une arène virtuelle sans limite.

Quake est la pierre fondatrice de l’esport. Ce jeu de tir à la première personne enflamme les joueurs du monde entier et les premières compétitions en ligne. Quelques années plus tard, deux jeux fondateurs de l’esport balaient tout sur leur passage : Counter Strike et Starcraft. Si le premier passionne l’Europe, Starcraft est une véritable révolution en Corée du sud. Le jeu de stratégie monopolise des milliers de PC Bangs, ces salles de jeux où des PC connectés remplacent les bornes d’arcade.

Les compétitions de jeux vidéo ne vont cesser de prendre de l’importance jusqu’en 2011, année qui consacre l’esport comme pratique de masse. Les jeux gratuits comme League of Legends et les plateformes de streaming comme Twitch ou Youtube permettent aux fans de se réunir pour créer une immense communauté qui fait décoller les audiences et affole tous les compteurs. League of Legends compte plus de 100 millions de joueurs mensuels et plus de 1,2 milliard de revenus annuels et Twitch a été racheté près d’un milliard de dollars par Amazon. De l’autre côté, les joueurs jusqu’alors payés en lots et cadeaux touchent aujourd’hui des salaires pouvant aller jusqu’à 25000 euros par mois et certains tournois propose des gains dépassant les 20 millions d’euros.

En seulement quelques années, les meilleurs joueurs sont devenus des stars mondiales, des modèles pour toute une génération rêvant de suivre leur exemple. Alors que les gouvernements commencent à légiférer sur ce phénomène et que les clubs de sports traditionnels comme le PSG ou la NBA y voit un véritable investissement, tout porte à croire que cette discipline hybride n’est pas une mode mais bien la pratique d’une nouvelle génération pour laquelle le milieu social n’a aucune importance. Seul le jeu compte.

C’est dans le sud de la Pologne à Katowice que se déroule depuis 2007 l’une des plus grosses compétitions esport au monde. Cette année, plus de 120 000 fans sont venus encourager les meilleures équipes professionnelles de Starcraft 2, League of Legends et Counter-Strike. Quatre jours de compétition acharnée pour se partager un gain total de 650 mille dollars. Derrière ce succès ces montants faramineux il y a les joueurs, les fans, les médias, les hommes, d’affaires et les créateurs de jeux vidéo. Tous participent, d’une façon ou d’une autre, à l’explosion de l’esport.

Comme le précise Bertrand Dattas, l’esport prend tellement d’ampleur qu’une question revient souvent dans l’actualité : l’esport peut-il faire partie des Jeux olympiques ?

L’esport va-t-il un jour être intégré aux Jeux olympiques ?

Olivier Morin, présentateur du Canal Esport Club, nous donne son ressenti sur cette question épineuse : « si le sport va aux JO, ce sera une belle reconnaissance pour tout un monde très numérique et très jeune qui, par le biais de l’esport, et ce côté nouveau champion spectaculaire et nouveau héro générationnel, a envie de montrer que ce n’est pas simplement des gens qui jouent pour s’abrutir devant un écran mais que c’est vraiment un challenge, un défi et une passion comme dans le sport traditionnel. »

Mais alors verra-t-on un jour l’esport aux Jeux olympiques ? A première vue on pourrait répondre à cette question par l’affirmative car si l’on regarde l’écosystème de l’esport, on remarque qu’il est déjà structuré de façon quasi identique aux championnats sportifs professionnels. En effet, les joueurs s’entraînent avec une intensité comparable, environ une dizaine d’heures par jour, les compétitions remplissent des stades et le public n’a rien à envier aux fans de sports traditionnels. Par exemple, pour la demi-finale de League of Legends, en Chine, plus de 100 millions de personnes ont assisté au match sur place ou derrière leur écran soit à peu près l’équivalent du Super Bowl. Aujourd’hui, l’esport est plus médiatisé que de nombreux sports traditionnels. Des chaînes comme Being sport et Canal + sport lui consacre par exemple des émissions toutes les semaines.

Pourtant, l’esport n’est pas près de devenir une discipline olympique. Premièrement, parce que pour beaucoup de personnes l’esport n’est pas un sport car ils ne demandent pas vraiment d’effort physique. Cependant ce n’est pas vraiment un bon argument, puisque des activités comparables comme les échecs ou le bridge sont toutes les deux reconnues par le CIO (Comité international olympique) comme des disciplines sportives. En fait, le véritable problème est ailleurs. Pour intégrer les JO, il faut respecter deux critères. Le premier, c’est le respect des valeurs de l’olympisme. Or, pour le président du CIO des jeux montrant de la violence à l’écran sont contraires à ces valeurs. Impossible donc pour les jeux les plus pratiquées par les esportifs comme League of Legends, Counter Strike ou Overwatch d’accéder aux JO mais pour certains cet argument est irrecevable.

D’après Guillaume Rambourg, Directeur général de Riot Games France, studio de développement à l’origine de League of Legends « les jeux sont vraiment catégorisés entre les jeux disponibles pour les enfants, ceux pour les plus de 12 ans, pour les plus de 16 ans voire plus de 18 ans donc il y a déjà un aspect de modération qui est fait en amont. Après effectivement il y a des jeux vidéo qui peuvent être peut-être plus violents que d’autres mais cela vaut aussi pour les sports traditionnels. »

Second critère : une discipline olympique doit être encadrée par une fédération internationale qui garantit l’absence de dopage, de paris ou de trucages. Pour l’esport, c’est là que les choses se compliquent parce que chaque discipline dépend d’un jeu qui dépend lui même d’un éditeur, c’est à dire d’une société privée. Pour créer cette organisation, il faut donc d’abord réussir à mettre tous les éditeurs de jeux concurrents autour d’une table.
Sauf qu’avec autant d’enjeux financiers autant dire que ce n’est pas gagné. « C’est peut-être ça la plus grosse difficulté. Est-ce que l’esport va pouvoir, dans un horizon d’un an, un an et demi, être vraiment structuré mondialement et réaliser ce que le football a fait en des décennies. Ça me paraît compliqué pour être honnête mais si ce n’est pas à Paris que ça se passe, ce sera peut être à Los Angeles, c’est comme ça qu’on le voit. » déclare Guillaume Rambourg.

Dernièrement le comité olympique a quand même fait un petit geste pour la discipline. Le CIO s’est, en effet, associé à la société Intel pour organiser une compétition officielle d’esport quelques jours avant les jeux olympiques d’hiver 2018 et ce dans la même ville, Pyongyang, en Corée du sud.

Concernant cette question épineuse, Bertrand Dattas possède son propre avis. En effet, le passionné pense plutôt qu’il serait plus judicieux d’organiser des Jeux olympiques esportifs et ainsi les séparer des JO traditionnels. De plus, il y a assez de jeux compétitifs pour organiser un tel évènement sur la durée entre les jeux de tir, les jeux en arène, les jeux de sport, les jeux de stratégie mais aussi les jeux de combat, les jeux de cartes et les jeux de rôle en ligne massivement multi-joueurs (MMORPG).

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